Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur les migrants africains qui se déplacent vers le nord pour atteindre les rivages européens, les milliers de migrants africains qui font route vers le sud pour s’installer à Johannesburg, une des villes les plus riches d’Afrique, passent inaperçus. Certains ont trouvé refuge dans des bâtiments abandonnés du centre-ville, un quartier tristement célèbre pour son taux de criminalité, de pauvreté et de chômage.
Durant l’apartheid dans les années 1970 et 1980, le centre-ville était un quartier très prisé où s’étaient installés des entreprises et des résidents blancs. Mais au début des années 1990, lorsque le pays met fin aux lois de ségrégation raciale, les familles blanches quittent le centre-ville. Certains bâtiments sont laissés à l’abandon et des mafias s’en déclarent propriétaires. Aujourd’hui, des marchands de sommeil font payer un loyer à des travailleurs migrants pauvres mais n’entretiennent pas les locaux. Les locataires vivent le plus souvent sans électricité ni eau courante, dans un environnement insalubre et dangereux.

On estime à deux millions le nombre de migrants sans papiers en Afrique du Sud, dont des milliers d’entre eux vivent dans ces bâtiments. Ils viennent notamment du Malawi, de Tanzanie, du Zimbabwe, de Zambie, du Kenya, du Nigeria ; d’autres encore sont des « migrants » économiques sud-africains.
La plupart de ces sans-papiers ont fui la misère, la guerre, la violence et les persécutions politiques. Leur nouveau « domicile » est un rappel constant de l’inaccessibilité de leur rêve d’une vie meilleure à Johannesburg, « la ville de l’or » où ils espéraient gagner assez d’argent pour pouvoir aider leur famille restée dans leur pays d’origine.
Récemment, avec l’économie du pays en crise et le taux de chômage qui n’a jamais été aussi élevé depuis vingt ans, les migrants africains ont été la cible de violences xénophobes qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Jonathan Torgovnik

Jonathan Torgovnik

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