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Histoire d’une communauté juive d’extrême droite implantée en Cisjordanie Quatre cent cinquante juifs ultra orthodoxes vivent dans le centre d’Hébron. Ils ont en grande majorité émigré des États-Unis et du Canada. Tout comme les jeunes de Ramallah, ces jeunes israélites sont convaincus de leur bon droit et défendent ce en quoi ils croient. Les jeunes de Hébron estiment que la ville leur appartient pour des raisons religieuses, faisant fi du fait qu’ils sont encerclés par 130 000 Palestiniens qu’ils attaquent au lance-pierres, l’arme de prédilection de ces derniers ; mais depuis peu, c’est l’arrogance qui les motive, puisque l’armée israélienne contrôle désormais la ville tout entière.

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Ces jeunes garçons sont scolarisés dans une colonie voisine, bastion hautement protégé des juifs orthodoxes. Loin du front et des combats sanglants, ils mènent une vie normale, font du sport et jouent comme tous les autres enfants. Mais parallèlement, ils prennent part à une guerre d'adultes, une guerre qu'ils ne peuvent vraiment comprendre. Quel est le facteur qui les pousse – mais aussi les jeunes Palestiniens -- à rejoindre la lutte en tant qu'enfants et à participer aux conflits armés une fois devenus adultes ? Le monde entier aimerait connaître la réponse.

Il n'est pas aisé de rentrer dans l'intimité de la communauté ultra orthodoxe d'Hébron. Ce groupe, critiqué depuis des années mais jamais compris, est renfermé sur lui-même et méfiant. J'ai longuement expliqué mes intentions, et ai mis longtemps à obtenir sa confiance. J'ai expliqué clairement que je n'étais pas là pour faire un reportage « de professionnel », mais pour essayer de comprendre. Il n'aurait pas été pas possible de prendre des photos sans ce lien de confiance. Un tel travail n'aurait d'ailleurs pas été intéressant, car ce que je recherchais n'est pas immédiatement visible. J'ai tenté de montrer des aspects méconnus, différents, de la vie dans cette petite communauté, à l'instar de mon reportage sur les jeunes de Ramallah depuis le début du conflit en septembre 2000. Le temps et la confiance sont des facteurs essentiels si l'on veut raconter l'histoire de ceux qui sont engagés dans ce conflit sanglant. C'était aussi le cas à Ramallah, où connaître la vie quotidienne derrière la ligne de front m'a permis de mieux comprendre la situation.

Ces jeunes sont-ils tout simplement malveillants ou ont-ils subi l'influence des adultes dès leur plus jeune âge, notamment dans leur éducation ? Pourquoi dès l'âge de cinq ans appellent-t-ils les accords de paix d'Oslo « la guerre d'Oslo », et traitent-ils Sharon de « traître gauchisant » ?

Jan Grarup

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