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Tout a commencé par une pétition lancée sur Internet en mai 2018 par Priscillia Ludosky, gérante d’une boutique en ligne de cosmétiques. L’enjeu est le prix des carburants. En novembre, on compte plus d’un million de signataires. Devant une telle mobilisation virtuelle, un premier rendez-vous est organisé à travers toute la France, le 17 novembre. Et comme il s’agit d’essence, les manifestants iront exprimer leur colère sur les routes et les ronds-points, en portant la chasuble de sécurité obligatoire dans tout véhicule français : le gilet jaune. Je ne savais pas quoi penser de ce mouvement, ni quelle forme il allait prendre. Dès le premier jour, j’ai été surpris par son ampleur et par les personnes qui sont descendues dans les rues. Pour ce premier acte, je suis allé au nord d’Amiens : il y avait des jeunes et des vieux, des gauchistes et des fachos, des petits retraités, des familles, des agriculteurs, des chômeurs, des parents d’enfants handicapés, des classes moyennes… Des Français pas contents, qui pour une fois allaient exprimer leur colère seuls, sans drapeaux ni syndicats, ni partis politiques. Seuls, mais nombreux.

Dès le deuxième acte, le 24 novembre 2018, Paris et sa « plus belle avenue du monde », les Champs-Élysées, deviennent les lieux d’expression majeurs de la révolte. Épicentre du pouvoir politique, de l’argent roi, des dominants, la capitale subit d’un samedi à l’autre la violence des galériens aux fins de mois difficiles. Des voitures brûlées, des magasins de luxe saccagés, l’Arc de triomphe pris pour cible, un ministère éventré. Souvent les pavés volent bas, et nombreux. Souvent aussi, les balles en caoutchouc tirées par la police crèvent des yeux, mutilent. Il y a des milliers de blessés comptabilisés. La police réplique de plus en plus durement et certains gilets jaunes se radicalisent. Un mouvement social dure rarement aussi longtemps. Il n’atteint quasiment jamais une telle intensité. Et jamais il ne vient de nulle part. Les politiciens, les syndicalistes, les chroniqueurs, les sociologues de tout poil ont été dépassés par cette vague jaune. Elle échappe à leurs systèmes de pensée et d’analyse traditionnels. En ce sens, ce mouvement est nouveau, et unique.

Olivier Coret

Olivier Coret

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