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Durant ces années-là, l’Afrique connaît la famine et le choléra, des troubles sans précédent et une mutation historique. Les seigneurs de guerre somaliens ont pris le pouvoir, aggravant la famine qui faisait rage ; les États-Unis ont envoyé des soldats sur le terrain, entraînant des résultats mitigés, et les premières élections multiraciales sont organisées en Afrique du Sud.

En 1994, au Rwanda, ils étaient des centaines de milliers à fuir le génocide sectaire et barbare qui a fait entre 800 000 et 1 million de morts. Puis quelque 50 000 réfugiés ont perdu la vie dans les camps de transit insalubres et surpeuplés, frappés par la dysenterie et le choléra. À Goma, au Zaïre voisin (l’actuelle République démocratique du Congo), une épidémie de choléra a tué des centaines de milliers de personnes. La crise a perduré jusqu’en 1996, date à laquelle les Rwandais ont commencé à revenir dans leur pays. Et Yunghi Kim était là pour témoigner.

Son travail se caractérise par sa proximité avec le sujet et son aptitude à déceler une lueur d’humanité et d’intimité même dans les moments les plus sombres. Ces quatre années de travail intense en Afrique constituent une étape décisive dans la vie de Yunghi. Alors qu’elle était photographe à la rédaction du Boston Globe, elle a été prise en otage en Somalie. Quelques jours seulement après sa libération, elle a trouvé le courage de repartir pour terminer son reportage. Témoin du meilleur comme du pire, elle a néanmoins toujours su voir la beauté de l’Afrique et du peuple africain. C’est une belle leçon d’humilité de se repencher sur ces clichés vingt ans plus tard.

Cette période de l’histoire africaine voit aussi l’émergence de femmes photographes professionnelles, décidées et résolues, qui couvrent régulièrement les conflits. Alexandra Boulat, Alexandra Avakian, Corinne Dufka, Louise Gubb, Paula Scully, Dayna Smith, Judy Walgren et Carol Guzy comptaient parmi les pairs de Yunghi Kim. Toutes travaillaient dans le domaine de la photographie jusque-là à dominante masculine, et toutes ont su marquer leur empreinte.

Dès le début de sa carrière, Yunghi a eu la chance de côtoyer les photojournalistes du Boston Globe, à la fois exigeants, fiers, et sensibles : Stan Grossfeld (deux Prix Pulitzer), Bill Greene (aujourd’hui directeur de la photographie) et Janet Knott (troisième femme à se voir décerner la médaille Robert Capa). Ils lui ont appris à voir grand et à faire de ses reportages de véritables épopées.

Jeffrey D. Smith, Directeur de Contact Press Images

Yunghi Kim

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Yunghi Kim@ 1994 All rights reserved Tel, 202 744 9204, Yunghi@yunghikim.com
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