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Dans les favelas du Brésil, les gamins jouent au foot tout le temps, partout. Avec des ballons râpés et sur des terrains vagues, parfois contre les murs des maisons… À l’approche du Mondial 2014, Christophe Simon cherchait une façon d’illustrer les origines de la ferveur des Brésiliens pour le football. Et pour ce faire, quoi de mieux que de demander à une poignée de ces enfants des favelas d’illustrer leur passion avec leur propre regard.

Depuis son arrivée à Rio, en 2011, le photographe a couvert de nombreuses opérations de « pacification » des favelas par les forces de sécurité, destinées à améliorer l’image de la ville en prévision du Mondial et des Jeux olympiques deux ans plus tard. Bardé de ses appareils, il circulait dans les rues pour suivre la progression de l’armée et de la police à travers les ruelles. À chaque fois, il était entouré de nuées de gamins qui semblaient fascinés par son travail, le suivaient partout en lui posant mille questions. En 2011, Christophe a fêté ses 50 ans, un âge où l’on commence à avoir envie de transmettre son savoir-faire aux plus jeunes.

Il se rapproche alors de Tony Barros, un photographe local qui dirige l’école de photographie Lente dos Sonhos à Rio. Ensemble, ils réunissent dix-huit enfants, âgés de 10 à 15 ans.

Tous les week-ends ou presque, de février à mai 2013, les deux photographes ont accompagné, à travers les rues du quartier, des groupes allant de trois à dix enfants. Chacun était équipé d’un appareil photo et avait pour mission de ramener des images ayant pour thème le football. Les séances duraient généralement trois ou quatre heures, parfois des journées entières.

Christophe leur a appris les rudiments du métier et leur a imposé quelques règles de base, comme l’interdiction de faire poser les gens (difficile à appliquer dans un pays où les gens adorent le faire) ou d’utiliser le flash. Le projet devient rapidement populaire et les enfants se révèlent particulièrement impliqués et, pour certains, prometteurs.

Bien que fraîchement pacifiée, la favela de la Cité de Dieu n’en demeure pas moins un lieu complexe où tout peut arriver : comme se retrouver nez à nez avec des trafiquants de drogue, surpris de découvrir des enfants munis d’appareils photo. Situation « insolite » vite désamorcée grâce à la diplomatie de Tony Barros.

Christophe Simon a couvert depuis 30 ans pour l’AFP de nombreux conflits et événements historiques dans le monde arabe, en Afrique, dans les Balkans et en Europe de l’Est. Entré à l’AFP en 1984 au bureau de Nice, il est nommé en 1989 au bureau de Strasbourg. Il sera l’un des premiers photographes à entrer dans Koweït City libérée par les troupes américaines pendant la première guerre du Golfe (1991). Nommé en 1994 responsable photo à Abidjan pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, il rejoint en 1999, après un bref passage au bureau de Montpellier, celui de Madrid en tant que responsable photo pour l’Espagne et le Portugal, où il monte un solide réseau de photographes. En juin 2005, Christophe Simon rentre au siège de l’AFP à Paris, comme responsable du reportage à la rédaction en chef photo. En 2007, il est nommé chef des photographes pour l’Italie, où il couvre notamment le terrible tremblement de terre de L’Aquila. En 2011, il devient responsable photo pour le Brésil.

Christophe Simon

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© Yasuyoshi Chiba / AFP
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Yasuyoshi Chiba

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