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Depuis maintenant trois ans, une famine politique sévit en Corée du Nord. Kim Jong-Il a déclaré vouloir sacrifier 70 % de sa population à l’effort de guerre contre la Corée du Sud.
Selon les témoignages des réfugiés, sept millions de personnes (sur une population estimée à 22 millions) sont déjà mortes de faim, d’épuisement ou à la suite d’exécutions sommaires. Les Nord- Coréens, hommes, femmes, enfants, fuient en masse vers la Chine (région de Yanji).
Grâce à leurs récits, il est possible, pour la première fois, de savoir ce qui se trame dans le pays le plus fermé au monde. Coup d’état avorté (150 militaires, dont 15 généraux, exécutés en place publique), cannibalisme, production massive d’opium et d’armes, des dizaines de témoignages exclusifs viennent confirmer qu’il s’agit sans doute de la plus grande catastrophe humanitaire de cette fin de siècle.

Pour un épis de maïs, les Nord-Coréens traversent le rivière Tumen (frontière sino-coréenne) au péril de leur vie: selon le chef de la police chinoise de Tumen, plus de 60 % d'entre-eux périssent sous les balles des soldats embusqués, ou noyés.
Ceux qui parviennent à Yanji se cachent des commandos nord-coréens qui viennent illégalement en Chine. La punition pour ces réfugiés: trois balles dans la tête. Les enfants, eux, en fait des adultes dont la croissance a été stoppée à cause de la malnutrition, sont torturés avant d'être renvoyés dans leur village.
Malgré le danger, ils vivent en Chine, dans l'ombre, le temps de gagner quelques yuan, puis de retourner dans leur pays pour distribuer leurs gains.
Pour la première fois, ils ont autorisé les journalistes à les suivre dans leur vie quotidienne.

Bertrand Houard

Gyu-Hyeon Jeong

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