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Lauréate de la Bourse Canon de la Femme Photojournaliste 2021

Sur les terres accidentées, variées et peu peuplées de l’Alaska, un son est perceptible presque partout : le bourdonnement d’un avion au loin. Seulement 20 % de l’Alaska est accessible par la route, et des dizaines de ses villages éloignés, principalement des communautés autochtones, dépendent des avions pour les services essentiels, notamment le courrier et les produits alimentaires, les soins médicaux et le transport d’urgence.

Depuis le décollage du premier avion de distribution du courrier en 1924, des petits avions capables d’atterrir sur des pistes courtes ou sur des sols naturels comme la toundra, les glaciers, les plages ou l’eau, jouent un rôle essentiel dans le développement de l’État. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’Alaska est fortement tributaire de l’aviation, tant pour le transport essentiel entre les communautés que pour accéder à des régions sauvages reculées. Pour de nombreux pilotes, voler est devenu un mode de vie, un moyen de se connecter au paysage et les uns aux autres.

Tout au long de ma vie en Alaska, voler a eu pour moi une dimension quasi spirituelle. Voler implique une attention particulière à la sécurité et un profond respect pour la terre, la météo et la vie des passagers. Mais bien que le vol en Alaska soit aujourd’hui courant, il est souvent romancé comme une aventure dangereuse. On se souvient encore des débuts de l’aviation de brousse entre les années 1920 et 1950, où les premiers pilotes audacieux volaient sans données météo, sans technologie de navigation ou sans pistes, et qui ont alors pris des risques face à la météo, survécu à de nombreux accidents, se retrouvant souvent seuls dans des régions désertes. Et même si la sécurité de l’aviation moderne a considérablement progressé depuis cette époque, voler en Alaska est encore considéré comme dangereux, et ce malgré les efforts des pilotes professionnels et privés qui consacrent leur carrière à en garantir la sécurité.

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