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Lauréat du Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine 2013

Les historiens de l’art déclareront sans doute que Don McCullin est à la photographie ce que Goya est à la peinture. Pourtant, le légendaire photographe britannique est au-delà. S’il a choisi de se plonger dans la guerre, c’est d’abord par esprit d’aventure et par défi. Puis très tôt par colère et par horreur pour elle.

Pour la mettre à nu et la dénoncer, cette guerre qu’il regarde droit dans les yeux de ces êtres piégés au cœur d’une tourmente effroyable qui leur brise le corps, la vie, et anéantit tout espoir.

Meurtri, il l’est comme eux par cette expérience terrifiante. Ce sont ces regards lancinants qui le pousseront à y retourner et y retourner encore. Ils sont la preuve du pouvoir de la photographie à s’inscrire dans le temps. Mais la guerre elle-même ne s’éteint pas non plus.

Elle ne cesse de tonner et de résonner, révélant la terrible impuissance des images à l’arrêter. C’est le désespoir ultime du photographe. Don McCullin avouera sa tristesse et sa lassitude : ses efforts, son engagement n’auront servi à rien en fin de compte. Il s’attellera alors à trouver la paix. Pour lui-même. Dans les paysages de son Angleterre natale. Il n’échappera pas à cette folie cependant : guerres et paysages s’entrechoquent au point de se confondre. Les nuages comme les miroirs des tragédies.

Les ciels et les sols détrempés et plombés comme la boue des charniers. Des images en lui, inscrites au plus profond de son regard qui renvoie aussi celui des autres, de tous les autres qu’il a rencontrés, « la mort en face ».

« Il a connu toutes leurs émotions », écrit Harold Evans, ancien directeur du Sunday Times de Londres. « Il est l’un d’entre eux dans leur commune humanité et c’est ce qui finalement caractérise Don McCullin : une personne en quête de quelque chose de mystérieux dans sa propre vie, mais de profond dans ses photographies. »*

L’exposition nous mène de l’Angleterre de l’après-guerre puis de la construction du mur de Berlin en 1961 au fléau du sida en Afrique australe, un combat impitoyable livré par « la maladie, la pauvreté et l’injustice » contre l’humanité en ce début de XXIe siècle, explique Don McCullin. Un périple semé de conflits plus meurtriers les uns que les autres : Chypre (1964), le Congo (1966), les affrontements récurrents du Moyen-Orient, le Biafra (1968), le Bangladesh (1971), l’Irlande du Nord (1971) - maintes fois entrecoupés par la guerre du Vietnam et son prolongement cambodgien (1964-1975). Périple ponctué par les paysages du Somerset, des bords du Gange puis du sud de l’Éthiopie, sans oublier les ruines romaines autour du Bassin méditerranéen et plus récemment les pyramides des pharaons nubiens au Soudan.

On ne peut que partager l’admiration absolue de Susan Sontag pour le « parcours héroïque » de McCullin à travers des « régions marquées par l’horreur et la souffrance » : « Dans la grande tradition du photojournalisme, que l’on appelle parfois “photographie engagée” ou “photographie de la conscience”, l’ampleur, la franchise, le caractère intime, inoubliable et poignant du travail de Don McCullin n’ont jamais été surpassés. »*

Robert Pledge, Directeur de Contact Press Images

*In Don McCullin, édité par Jonathan Cape et la MEP, 2001.

Exposition soutenue par Paris Match.

Don McCullin

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