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À l’ère des réseaux sociaux, le tourisme de la faune a beaucoup changé, chacun tenant à prendre des photos souvenirs à partager en temps réel sur son compte. Kirsten Luce a parcouru le monde pour enquêter sur ce tourisme animalier d’aujourd’hui. En coulisses, elle a découvert, cachée à la vue des voyageurs, la souffrance des animaux.

Le reportage débute en 2018 en Amazonie, où les agences de voyages encouragent les autochtones à garder des animaux sauvages en captivité pour le seul plaisir des amateurs de selfies exotiques. Enfermés dans des cages de fortune, fourmiliers, paresseux et autres espèces sont ainsi exhibés tous les jours devant les hordes de touristes.

Kirsten Luce s’est ensuite rendue en Thaïlande où l’éléphant est l’une des attractions favorites. Dans ce pays, quelque 3 500 éléphants d’Asie sont maintenus en captivité dans des parcs où les plus jeunes exécutent des numéros tandis que les plus âgés promènent les touristes sur leur dos. Mais pour les rendre dociles et qu’ils acceptent les contacts humains (se laisser monter, laver, guider, etc.), ils sont séparés très jeunes de leur mère et domptés à l’aide de méthodes cruelles.

Toujours en Thaïlande, des zoos permettent de poser à côté d’un tigre drogué, auquel on a souvent arraché ses griffes. Les félins font l’objet d’un élevage accéléré : les bébés sont retirés très tôt à leur mère pour qu’ils soient plus dociles et que la mère puisse être rapidement réinséminée.

En Russie, si la tradition de l’ours dansant dans la rue pour quelques pièces de monnaie a disparu, il existe encore des cirques où des milliers d’ours sont dressés à marcher sur deux pattes, et que l’on enchaîne à un mur, debout, pour développer les muscles de leurs pattes arrière. Particulièrement choquant, un numéro de cirque mettant en scène quatre ours polaires, ceux-là mêmes dont l’espèce symbolise la préservation de la faune.

En Russie encore, Kirsten Luce a photographié des spectacles itinérants de mammifères marins. Transportés en camion de ville en ville, des baleines blanches et des dauphins vivent confinés dans des bassins gonflables. Et si un animal meurt, il sera facilement remplacé par une autre victime du braconnage en mer Noire.

Ce reportage veut sensibiliser le public à ces maltraitances, nous inciter à réfléchir avant de participer à de telles activités ou de publier des images susceptibles d’encourager ces traitements abusifs infligés aux animaux.

Kirsten Luce

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