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Aucun peuple n’a traversé l’Histoire - ou plutôt les histoires - avec plus d’opiniâtreté et de désinvolture. Cela définit cette insatisfaction permanente qui ne peut manquer d’obséder l’observateur : la nébuleuse berbère est une question inlassablement posée…

L'île du Maghreb
Un continent. L'île du Maghreb des anciens historiens. Une île, en effet, cernée de toutes parts par deux mers et un désert. Pays de hauts plateaux ou de plaines élevées, de montagnes, de lacs salés, de steppes plus ou moins désertiques et qui repousse la terre plate à ses deux extrélités : vers la Tunisie et les immenses cultures d'oliviers, vers le Maroc avec les terres maraîchères.

Une altitude moyenne de huit cents mètres et des pointes qui passent les deux mille, au Toubkal, au Chelia. Montagnes qui appellent, en hiver, les pluies, parfois la neige, les vents violents.

Vue d'avion, c'est une région tourmentée, balafrée de dénivellations profondes : des plaines affrontent de hautes falaises, comme dans le Zaghouan, à Blida, à Marrakech; d'immenses forêts de chênes ou de cèdres enveloppent des vallées étroites où pousse le blé dur et, plus au nord vers la mer, s'étendent des vignes. Des pâturages infinis couvrent des espaces sans contour...

Disparité des sols, des modes de vie : plusieurs climats alternent où se mêlent la rigueur et la douceur, l'âpreté stérile et l'abondance. Telle est cette "Berbérie". Mais de ce nom, que lui imposèrent les romains, les habitants ne se servirent guère. Et de cela, plus tard, les arabes de la conquête ont fait "Brâber", "Berâber". Un foisonnement d'hommes et de femmes qui débordent les limites du continent, en Libye, au Sahara.

Demandera-t-on l'unité à ces parlers berbères divers entre eux qui sillonnent le Maghreb ? On compte approximativement 20% de berbérophones en Libye, 1% en Tunisie, 20% en Algérie, 40% au Maroc.

Ibn Khaldûn, descendant d'une ancienne famille émigrée d'Arabie en Andalousie musulmane... "Les berbères, écrit-il, ont toujours été un peuple puissant et redoutable, brave et nombreux. Un vrai peuple comme tant d'autres dans ce monde, tels les arabes, les persans, les grecs et les romains." Un peuple qui fait preuve d'une folle bravoure contre les arabes autant que dans les luttes qui opposent entre elles les tribus.

Ibn Khaldûn reconnait aux berbères les traits de caractères qu'on réserve, en son temps, à la pure chevalerie chrétienne ou islamique: "La noblesse del'âme qui les porte au premier rang parmi les nations, les actions par lesquelles ils mériteront les louanges de l'univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes, fidélité aux promesses aux engagements et aux traités, patience dans l'adversité, fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les défauts d'autrui, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement à soulager les infortunes, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l'oppression..."

Jean Duvignaud

Olivier Martel

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