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Il s’agit d’une prouesse médicale sans précèdent. Autrefois voués à une mort certaine, les grands brûlés bénéficient aujourd’hui d’une peau reproduite artificiellement en laboratoire, indispensable à leur survie. C’est au centre de traitement des grands brûlés de Percy, à Clamart, établissement à la pointe de la médecine, que Stéphane Savin, 39 ans, et Philippe Mirada, 22 ans, gravement brûlés au troisième degré, sur plus de 80% de leur surface corporelle en 1998, ont pu être sauvés et retrouver une vie normale. Un parcours douloureux, et finalement plein d’espoir, retracé par les photographies de Raphaël Gaillarde, pendant près de deux ans.
Deux années, marquées de greffes, de soins intensifs, et finalement de rééducation, qui ramèneront petit à petit ces deux hommes à la vie.

Pour Stéphane Savin, de Montreuil, y s’agira désormais de reconstruire sa vie familiale : déjà père de deux enfants, Carla et Félix, de trois et six ans, il projette aujourd’hui avec sa femme Valérie, de refaire un troisième enfant. Pour Philippe, qui vit chez ses parents à Montpellier, le chemin vers un rétablissement complet est plus difficile, sa jeunesse, et sa moins grande expérience de la vie, l’obligeront à passer par une plus difficile acceptation de sa nouvelle image.

Mais Dans les coulisses du centre des grands brûlés où les deux hommes sont transférés en cette année 1998, une machinerie complexe est en route, qui assurera la survie, puis la réparation du corps de ces deux hommes, pendant plus de cinq mois.

Élément déterminant du dispositif, les greffes qui vont permettre de reconstituer le tissu cutané détruit lors de l’accident. En la matière, les chirurgiens du centre de Percy, ont recours aux cultures de peau en laboratoire. La méthode consiste à pratiquer une "biopsie", un petit prélèvement de peau, sur les rares zones cutanées épargnées par le feu.

Les échantillons vont ensuite traverser l’Atlantique et rejoindre le laboratoire de Genzyme à Boston. Là-bas, ces techniciens parmi les plus performants du monde en la matière, vont extraire les "kératinocytes". C’est à partir de ces cellules d'épiderme les plus aptes à une multiplication rapide, qu’ils parviendront en quelques semaines à reconstituer le tissu d’origine.

En neuf ans de collaboration avec la France, cette technique haut de gamme a permis à plus d'une vingtaine de patients, dans l’hexagone, de faire littéralement peau neuve. Des grands brûlés autrefois voués à une mort certaine.

Raphaël Gaillarde

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