logotype-visa-line logotype-visa-line logotype-visa-line

Les premières photographies de Michaël Zumstein en Centrafrique nous emmènent au nord-ouest du pays, sur la route de Bossangoa.

Les milices anti-balaka viennent de renaître. Nous sommes en septembre 2013. Les ex-rebelles de la Séléka, venus du nord islamisé, sont au pouvoir depuis à peine six mois et déjà la révolte gagne l’arrière-pays. À la brutalité des uns s’oppose une colère destructrice. La nouvelle géographie centrafricaine est en train de se mettre à l’œuvre. Des familles réfugiées par milliers dans des églises. D’autres dans des écoles. D’autres encore fuient dans la brousse, à la merci de tout. La séparation entre communautés chrétiennes et musulmanes s’installe.

Michaël est encore là le 5 décembre. Bangui connaît alors une journée infernale. Au petit matin, les anti-balaka attaquent la capitale. Les Séléka résistent puis répriment férocement. Un carnage. La France déploie en urgence ses soldats. Le rapport de force jusque-là favorable à la minorité musulmane bascule en faveur des communautés chrétiennes. La curée peut commencer. Elle sera violente, sans retenue. Se pose alors la question de comment montrer l’horreur des représailles, les mutilations, sans obérer la compréhension de l’histoire, ses enjeux.

Avec Michaël, nous nous sommes régulièrement interrogés sur ce qu’il fallait dévoiler de cette crise. Comment ne pas cacher cette violence crue qui s’exprime devant les regards d’une foule complice ? Comment ne pas tomber dans les raccourcis simplistes d’une barbarie gratuite ? Les raisons du calvaire de la Centrafrique sont complexes, profondes. Michaël s’intéresse à l’histoire dans son entier. Tente de la comprendre. De l’expliquer. Avec discrétion et humilité, il est l’un des témoins les plus attentifs de la crise centrafricaine. À travers ses photos, Michaël Zumstein parvient à nous restituer l’état de cet État qui n’existe plus.

Cyril Bensimon

Exposition co-produite par Amnesty International

Michaël Zumstein

portrait_zumstein_cecil_mathieu.jpg
© Cécil Mathieu
Suivre sur
Voir les archives