Depuis que les premières plantes ont été domestiquées voici quelque 11 000 ans, près de 40 % de la surface de la planète a été transformée en terres agricoles. Pour faire face à la croissance démographique (avec une population mondiale estimée à 10 milliards d’habitants en 2050) et à l’augmentation du niveau de vie dans les pays en développement rapide, la production alimentaire mondiale devra doubler.
Comment atteindre cet objectif sans dévaster les rares espaces sauvages qui existent encore ? La plupart des gens n’ont pas conscience que la production alimentaire est une problématique environnementale, ni que les choix que nous faisons trois fois par jour ont des répercussions au niveau planétaire.
Une grande partie de mon travail sur l’alimentation est centrée sur l’agriculture à grande échelle, pratique dominante dans les pays industrialisés, et aussi la plus intéressante visuellement. J’ai très vite été fasciné par le spectacle de la production alimentaire et par son ampleur, surtout vus du ciel.

J’ai commencé ce projet par une mission pour le magazine National Geographic, et dès la première semaine sur le terrain, je me suis retrouvé en prison après avoir pris des photos aériennes d’un parc d’engraissement de bovins à Garden City, dans le Kansas. Ce fut comme un signal d’alarme pour moi, et la preuve qu’on nous cachait des pans entiers de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, ce qui n’a fait qu’accroître mon envie de découvrir ce qui était caché et pourquoi. J’estime que nous avons un droit naturel, sinon juridique, de savoir d’où viennent les aliments que nous consommons.
Je ne suis ni végétalien ni militant des droits des animaux, néanmoins je considère qu’il devrait y avoir plus de transparence dans notre système alimentaire, afin que nous puissions faire nos propres choix, en connaissance de cause, informés sur la façon dont nos aliments sont produits et sur les conséquences des méthodes utilisées. La prochaine fois que vous ferez vos courses, lisez bien les étiquettes des produits et demandez-vous comment ils sont arrivés là. Réfléchissez ensuite à ce que cela signifie pour cette magnifique petite planète qui est la nôtre.

George Steinmetz

Ce travail sur le terrain n’aurait pu se faire sans le soutien de National Geographic Magazine, The New York Times Magazine, GEO Allemagne, Le Figaro Magazine, Vogue et la Fondation Barilla.

George Steinmetz

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NELL STEINMETZ
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Yan Morvan Bobby Sands – Belfast, mai 1981

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