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Dans l’Europe actuelle confrontée à des flux migratoires sans précédent, la montée des mouvements nationalistes non seulement le long des frontières mais également à l’intérieur des pays a contraint des minorités à vivre dans des ghettos, isolées, comme s’il s’agissait de plaies qu’il faudrait guérir et éviter qu’elles contaminent leur environnement.

En 2019, l’Europe comptait plus de 11 millions de Roms, Sintis et Gitans, l’équivalent de la population de la Belgique. Mais les communautés roms sont victimes d’une discrimination systématique. En juin 2021 en République tchèque, un Rom est mort étouffé par des policiers qui l’ont maintenu au sol en appuyant un genou sur son cou. En novembre 2021 en Grèce, une petite fille rom est morte écrasée par un portail automatique, après avoir agonisé pendant plus d’une heure où les passants ont détourné le regard.

Selon l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) dans sa deuxième enquête sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II), 80 % des Roms sont exposés à la pauvreté. Selon la même enquête, les Roms constituent la plus grande minorité d’Europe et subissent davantage de discrimination que les autres groupes étudiés.

Stolipinovo, dans la ville de Plovdiv en Bulgarie, est le plus grand ghetto gitan d’Europe. Quartier comme les autres à l’époque communiste, Stolipinovo s’est transformé en ghetto après la chute du communisme lorsque les Gitans, victimes de discrimination raciale, ont perdu leurs emplois à la suite de la privatisation des entreprises industrielles. Aujourd’hui, les résidents de Stolipinovo (environ 80 000 selon le Forum européen pour la démocratie et la solidarité) sont des parias aux yeux des citoyens bulgares de Plovdiv.

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Les habitants du ghetto de Stolipinovo sont d’origine turque, parlent le turc et revendiquent leur identité turque. S’ils sont majoritairement musulmans, il existe cependant une diversité d’identités religieuses au sein de la communauté, y compris le paganisme.

L’organisation sociale est fondée sur la cellule familiale, avec une répartition des rôles bien définie entre les hommes et les femmes, et une hiérarchie interne selon le respect qu’ils inspirent à la communauté et leur richesse. Les traditions culturelles sont des valeurs fondamentales : les grands événements de la vie sont fêtés en public, souvent dans la rue, et sont ouverts à toute la communauté.

Discriminés, victimes de stéréotypes perçus comme à l’opposé du mode de vie local et de la culture bulgare, les Gitans du ghetto de Stolipinovo vivent dans des conditions insalubres, et les problèmes sanitaires, sociaux et de logement sont critiques. En proie à un environnement hostile et à la montée des sentiments nationalistes, Stolipinovo apparaît comme un portrait de la discrimination systématique en Europe au XXIe siècle.

Selene Magnolia

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© Selene Magnolia
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