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Pour Danish Siddiqui, photographe de Reuters, couvrir la deuxième vague de Covid-19 en Inde à New Delhi signifie parcourir chaque jour les crématoriums, les cimetières et les hôpitaux pour témoigner du combat d’une nation de 1,4 milliard d’habitants face à la pandémie. Fin avril, lorsqu’il est arrivé à Guru Teg Bahadur, l’hôpital public de la capitale qui dispose de 400 lits en soins intensifs pour les patients Covid-19, il se doutait bien que la situation serait chaotique mais il n’était pas préparé à ce qu’il a vu : des patients dans un état critique sur des chariots devant les urgences, à bout de souffle, certains mourant avant d’être admis.

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Danish Siddiqui n’était là que depuis quelques minutes quand un pousse-pousse est arrivé avec Shayam Narayan, 45 ans, père de cinq enfants. Ses frères l’ont allongé sur un chariot et l’ont conduit jusqu’à l’unité de soins intensifs. Quelques minutes plus tard, on leur annonçait qu’il était mort. Aiguisés par plus de dix années à couvrir les conflits à travers le monde, les réflexes du photographe se sont réveillés et il s’est mis immédiatement au travail pour documenter ce moment. « Durant ces scènes, c’est toujours le chaos, mais il suffit d’une ou deux photos fortes pour raconter l’histoire tout en respectant la dignité du sujet. »

Ce qui se passait était d’autant plus brutal que de nombreuses personnes en Inde avaient cru que la pandémie était terminée en février. Il y avait de grands rassemblements pour les élections, les marchés étaient bondés et des milliers de personnes affluaient à l’occasion des fêtes religieuses. Quelques mois plus tard, des malades meurent chez eux, dans leur voiture en route vers l’hôpital, devant les urgences en attendant qu’un lit se libère.

Pour documenter cette hécatombe, il a fallu trouver un équilibre délicat pour montrer le nombre de victimes du virus sans jamais porter atteinte à la dignité des personnes. « Une photo d’actualité, c’est saisir le moment pour raconter une histoire. Mais elle doit aussi respecter le sujet. » À plusieurs reprises, alors qu’il photographiait des personnes endeuillées, il a dû poser son appareil afin de se joindre aux prières pour des personnes qu’il connaissait et dont il n’a appris la disparition qu’en rencontrant des amis communs dans le cimetière. Danish Siddiqui n’a pas étudié la photographie. « 90 % de ce que je sais de la photographie, je l’ai appris sur le terrain. » Il a couvert la guerre en Irak et en Afghanistan, la crise des Rohingyas, mais rien ne ressemble à la deuxième vague de la pandémie qui frappe son propre pays. « Ici, on ne sait pas contre qui on se bat. L’ennemi est invisible. »

Danish Siddiqui (1980-2021) À quelques semaines du festival, nous apprenons avec tristesse la mort de Danish Siddiqui. Intégré aux forces de sécurité afghanes, il a été atteint par une balle alors qu’il couvrait des combats visant à reprendre aux talibans une zone près d’un poste-frontière avec le Pakistan.

Danish Siddiqui

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