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Aller dans un centre commercial à Tokyo, où je vis, c’est pénétrer au royaume du plastique sous toutes ses formes : de la fibre de carbone ici, du téflon là, des rayons entiers remplis de gazon artificiel en plastique, de revêtements de sol en plastique, de cafetières et autocuiseurs en plastique brillant, de plantes en plastique dans des pots en plastique ; du shampoing, du savon, des crèmes de soin et du maquillage dans des emballages de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel plastique. De même, 60 % de nos vêtements sont fabriqués à partir de fibres synthétiques (en plastique) : des allées à perte de vue débordant d’habits bon marché en polyester, lycra et acrylique pour tous les âges, de 0 à 99 ans. Quant aux consommateurs, ils font patiemment la queue derrière leurs chariots en plastique, s’apprêtant à déposer leurs achats sur un tapis en plastique pour qu’ils soient scannés par une hôtesse derrière sa caisse gainée de plastique, puis à payer à l’aide de leur carte de crédit en plastique, avant de rentrer chez eux les bras lestés de sacs en plastique à usage unique.

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Aujourd’hui, après des décennies de consommation excessive de plastique non réutilisable, la planète se noie dans tout le plastique que nous avons jeté. En 2017, le monde avait produit 8,3 milliards de tonnes de plastique, soit plus d’une tonne par habitant de la planète. La plus grande partie, 6,3 milliards de tonnes, termine dans des décharges, mais 8 millions de tonnes de plastique par an finissent dans nos océans, car environ 2 milliards de personnes vivent à moins de 48 kilomètres des côtes.

Il y a du plastique dans les moindres recoins de la planète. En 2019, des chercheurs ont trouvé des microplastiques dans la banquise arctique à des concentrations plus élevées que dans les eaux environnantes de l’océan Arctique. La même année, des explorateurs ont découvert du plastique dans la fosse des Mariannes, dans l’océan Pacifique, le point le plus profond du globe. Les filets de pêche en plastique « fantômes », c’est-à-dire perdus par les pêcheurs, représentent 46 % de la « grande zone d’ordures du Pacifique ».

Le plastique n’est pas biodégradable, il se décompose en morceaux – de plastique – de plus en plus petits, et le zooplancton, ces organismes minuscules qui forment la base de la chaîne alimentaire marine, absorbe ces microparticules, ingérant ainsi des toxines et des aliments pauvres en nutriments. Les toxines sont ensuite transmises dans la chaîne alimentaire par les prédateurs et s’accumulent, affectant principalement les organismes se trouvant au sommet de cette chaîne, tels les requins, les cétacés à dents, les phoques, les oiseaux marins et les humains. Selon une étude australienne réalisée en 2015, 90 % des oiseaux marins ingèrent du plastique. Certains ont été retrouvés avec une telle quantité de plastique dans leur estomac qu’il n’y avait plus assez de place pour la nourriture. Et lentement, ils meurent de faim.

Ce reportage se penche sur le fléau des déchets plastique qui frappe de plein fouet les pays en développement, mais le défi de l’élimination de ces déchets concerne tous les pays.

James Whitlow Delano

James Whitlow Delano est représenté par Sipa Press en France, Photo Op en Italie et Laif en Allemagne.

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James Whitlow Delano

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