logotype-visa-line logotype-visa-line logotype-visa-line

Début avril, l’Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar a lancé une offensive pour prendre le contrôle de Tripoli, aux mains de combattants fidèles au Gouvernement d’union nationale du Premier ministre Fayez al-Sarraj, soutenu par les Nations unies.

Lors d’une interview accordée à Reuters, Fayez al-Sarraj a affirmé sur un ton de défi que ses forces, composées de groupes armés présents dans plusieurs villes de l’ouest du pays, continueraient à repousser le maréchal Haftar, le considérant comme un potentiel dictateur de la même espèce que Kadhafi. Sans donner plus de détails, il a déclaré : « Notre objectif principal est de défendre Tripoli. Au cours des prochains jours, il y aura de bonnes nouvelles, des avancées. »

Les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu sont restés sans effet, les divergences diplomatiques autour du dossier libyen n’arrangeant rien. L’Égypte et les Émirats arabes unis soutiennent Haftar, qu’ils perçoivent comme un rempart contre les islamistes, et lui fournissent des armes depuis 2014 selon des rapports de l’ONU. Haftar se dit capable de rassembler les Libyens et de repousser les djihadistes.

La plupart des pays occidentaux traitent avec le Premier ministre al-Sarraj, qui a récemment reçu une livraison d’armes de la Turquie. La France et d’autres pays ont proposé un cessez-le-feu sans condition, sans pour autant exercer de véritable pression sur Haftar, qui pourrait ainsi maintenir ses troupes dans l’ouest du pays.

Le Premier ministre al-Sarraj a proposé la tenue d’un « forum libyen » pour réunir « les forces nationales influentes sur les plans politique et social, et partisanes d’une solution pacifique et démocratique ». Cette initiative prévoit également la tenue d’élections avant la fin de l’année. La proposition a été bien accueillie par l’Union européenne, et par l’ONU qui avait déjà suggéré d’organiser une rencontre peu avant le début des hostilités. Mais sans surprise, les législateurs de l’est du pays, alliés à Haftar, ont refusé.

Depuis avril, selon l’OMS, les frappes aériennes et les combats au sol ont fait 1 000 morts et 5 000 blessés. Plus de 100 000 personnes ont dû fuir leur maison, et la Libye semble sombrer un peu plus encore dans le chaos.

Goran Tomasevic

portrait_tomasevic.jpg
Suivre sur
Voir les archives

Exposition suivante

Laura Morton University Avenue

morton_18_right.jpg