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L’Azerbaïdjan est situé au carrefour de l’Europe et de l’Asie, le long de l’ancienne Route de la Soie. Au nord se trouve le Daguestan déchiré par la guerre et une nouvelle crise de réfugiés ; à l’ouest, l’Arménie et la Georgie, et au sud, l’Iran. A l’est s’étend la mer Caspienne, réservoir de 90% du caviar mondial et d’environ 100 milliards de barils de pétrole dont une partie s’écoule des antiques puits soviétiques, transformant l’eau bleue en un liquide couleur café. Certaines compagnies pétrolières internationales - y compris Exxon et BP Amoco - ont revendiqué leurs droits sur le pétrole azerbaïdjanais en vertu d’accords selons lesquels l’Azerbaïdjan ne retirera aucun bénéfice substantiel de l’or noir sur lequel il s’est assis pendant au moins une bonne décennie.

Les tentatives sauvages de ponctionner les immenses ressources du pays ont ravagé l'environnement. Aujourd'hui, le paysage n'est qu'une succession d'énormes usines abandonnées, immenses cimetières d'acier s'étendant sur des terrains vagues désolés, vérolé d'anciens puits de forage sous un ciel où pas un oiseau ne vole.

Sur ces terres vivent les gens des wagons, victimes d'une guerre non déclarée qui débuta en 1988 au Haut-Karabakh, une terre peuplée d'Arméniens à l'intérieur des frontières de l'Azerbaïdjan. La guerre a fait 30.000 morts et laissé 830.000 Azéris sans foyer, déplacés à l'intérieur des frontières d'un pays incapable de les prendre en charge. Six ans plus tard, la Russie supervisait un fragile cessez-le-feu qui, depuis, est à peu près respecté. Néanmoins, les troupes arméniennes contrôlent toujours un cinquième du territoire de l'Azerbaïdjan; près d'un million d'Azéris qui peuplaient ces terres ont été relogés dans des habitations vétustes à travers le pays.

Rares sont les habitations aussi délabrées que les wagons de chemin de fer rouillés d'Imishli où dix mille personnes ont déjà passé sept étés étouffants et sept hivers de glace. Ces wagons faisaient autrefois partie du complexe réseau ferroviaire soviétique qui se vantait de son efficacité, mais qui assurait l'interdépendance et le contrôle total des républiques. Les wagons transportaient les importantes récoltes de raisin de la région d'Imishli jusqu'en Ukraine où celui-ci était vinifié et mis en bouteille pour être revendues à Imishli comme produit ukrainien. Car ainsi fonctionnait l'Union Soviétique : tant que les usines étaient dépendantes les unes des autres, le pays restait contrôlable.
On raconte que dans l'URSS occidentale, une usine de chaussures ne fabriquait que le pied gauche tandis qu'une autre, installée en Sibérie, produisait le droit; ainsi, aucune des deux usines ne pouvait entretenir de projet de privatisation ou d'expansion sans l'autre. Quand l'URSS s'effondra, les moyens d'existence de ses millions d'habitants disparurent avec elle.

D’après un article de Rod Curtis.
Avec nos remerciements à World Vision.

Exposition co-produite par Marie-Claire

Tim Georgeson

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