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Ce reportage est une exploration à la croisée du changement climatique et de l’héritage du régime colonial qui a fondé le Canada. Généralement perçue comme un événement qui s’est déroulé il y a plusieurs siècles, la colonisation des peuples autochtones du Canada est considérée, à tort, comme appartenant à un passé qui n’a plus d’impact sur notre avenir. En réalité, le « lent génocide culturel » canadien existe toujours, prenant aujourd’hui la forme d’un racisme environnemental.

Sous couvert d’« opportunité économique », le développement industriel des territoires autochtones a un impact écologique important sur les communautés à travers tout le pays. Après des siècles d’oppression, la plupart des Premières Nations canadiennes dépendent financièrement du gouvernement fédéral et souffrent de nombreux problèmes sociaux interdépendants. La capacité des Premières Nations à tenir tête à l’industrie pétrolière est limitée, et le système juridique leur est défavorable. Les communautés qui coopèrent avec ces compagnies bénéficient d’avantages économiques et de pouvoirs accrus leur permettant de protéger des parcelles spécifiques de leur territoire. Un compromis au goût amer et lourd de conséquences.

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Ce reportage est un gros plan sur cette destruction au niveau du vécu intime et quotidien des habitants, destruction qui s’opère dans l’ombre d’une activité industrielle dont l’empreinte est si vaste qu’elle est visible depuis l’espace.

Dans les réserves, les dommages écologiques et la contamination des sols sont tels que les autochtones ne peuvent plus vivre de la terre ni accéder à des moyens de subsistance durables dans des environnements qui les ont nourris pendant des siècles. Les statistiques sont alarmantes : clusters de cancers, cancers rares, malformations congénitales, lupus… En outre, les feux de forêt intenses, aggravés par le changement climatique, dévastent des territoires épargnés jusqu’à présent par cette industrie.

L’exploitation des sables bitumineux au Canada est l’activité pétrolière la plus vaste et la plus destructrice de l’environnement au monde, aussi est-elle souvent pointée du doigt dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Des centaines de communautés autochtones souffrent de la présence des infrastructures liées à l’extraction des sables bitumineux. Les économies traditionnelles basées sur la chasse et la pêche étant aujourd’hui décimées, les membres des Premières Nations n’ont plus d’autre choix que de travailler pour les grands industriels qui détruisent leurs terres et leur culture. Et alors que les habitants de Fort Chipewyan parlent d’un « lent génocide culturel », la ville pétrolière voisine de Fort McMurray connaît depuis des décennies une croissance économique exceptionnelle.

Aujourd’hui, la destruction écologique aggrave encore davantage les blessures raciales et économiques au sein de la société contemporaine, perpétuant ainsi d’anciens mécanismes d’assimilation par la domination.

Ian Willms

Le Traité n° 8, signé en 1899 entre la reine Victoria et les Premières Nations, couvre un territoire où vivent 39 communautés des Premières Nations, incluant la région où sont exploités aujourd’hui les sables bitumineux. L’esprit de ces traités était qu’ils devaient durer « aussi longtemps que le soleil brillera ».

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Visa Pour l'Image - Perpignan (https://www.youtube.com/user/visapourlimage)

Ian Willms

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