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Des manifestations et une répression meurtrière secouent le pays depuis que l’armée a pris le pouvoir lors d’un coup d’État le 1er février, emprisonnant et évinçant la chef du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi.

Après avoir dans un premier temps fait preuve de retenue face aux manifestations pacifiques, aux grèves et à la désobéissance civile, l’armée a fini par faire régner la terreur pour écraser le mouvement pro-démocratie, connu sous le nom de révolution du printemps. À l’heure où je rédige ce texte, plus de 800 personnes ont perdu la vie aux mains des militaires et de la police, beaucoup d’une balle dans la tête, des milliers ont été blessées, plus de 4 000 manifestants ont été arrêtés et certains ont été enlevés.

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En tant que photojournaliste birman indépendant, je risque ma vie pour couvrir la révolution du printemps en Birmanie et la répression brutale de l’armée. Des journalistes ont été poursuivis, plus de 70 ont été arrêtés et certains ont été contraints à l’exil. Sur le terrain, nous avons cessé de porter nos casques marqués « PRESSE » quand nous nous sommes rendu compte que les militaires ciblaient les photographes.

Depuis le 1er février, je suis dans la rue tous les jours pour photographier les manifestations et les affrontements. J’ai rencontré de nombreuses difficultés, devant travailler au milieu des coups de feu (à balles réelles et en caoutchouc), des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, fuyant l’armée et la police en me réfugiant dans des appartements, aidé par des civils, et en changeant d’endroit le soir pour éviter les descentes et arrestations la nuit. L’après-midi du 31 mars, alors que je remontais dans ma voiture après avoir photographié un groupe de manifestants pacifiques dans le centre-ville de Rangoun, deux véhicules militaires ont tenté de nous arrêter ; l’un d’eux a embouti la voiture pour m’empêcher de partir, et les soldats ont pointé leurs fusils vers moi et les autres reporters qui m’accompagnaient. À ma grande surprise, j’ai réussi à accélérer et à m’éloigner avant que les soldats n’aient le temps d’ouvrir le feu.

Je suis toujours en Birmanie et je dois donc rester anonyme pour des raisons de sécurité évidentes.

Photographe anonyme

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