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Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, était l’un des plus beaux sites du Pacifique Sud, et une destination touristique extrêmement prisée. Jusqu’à ce jour de septembre 1994 où le Mont Tavurvur est entré en éruption, envoyant des jets de cendres de plusieurs centaines de mètres, qui sont ensuite retombés sur les rues, les champs et les immeubles, pour détruire plus des trois quarts des édifices de la ville. Quinze ans plus tard, les habitants vivent toujours dans les ruines du passé, en espérant qu’un jour Rabaul redeviendra le joyau qu’elle était jadis. Ulla Lohmann s’est rendue à plusieurs reprises à Rabaul depuis 2001 pour couvrir la vie quotidienne des insulaires, sous la menace constante du volcan. Ses images ne montrent pas seulement les ravages causés par l’éruption, elles racontent aussi l’espoir et la ténacité des habitants de Rabaul.

Le conflit La poussière envahit tout : les rues, le marché, le port, la jetée, l’hôpital. Le gouvernement veut fermer les commerces et délocaliser les habitants, mais ces derniers ignorent les ordres. Et où iraient-ils ? Les autorités ayant d’ores et déjà fermé l’école de l’île de Matupit, les enfants passent leurs journées à la décharge, en quête de détritus réutilisables. Le volcan cessera-t-il un jour de cracher des cendres ? Les hommes prient et les églises prospèrent au milieu des décombres. Le reportage montre les liens qui unissent les habitants de l’île à leur pays, terre de leurs ancêtres, et la force de leurs racines. Malgré la situation catastrophique, les insulaires demeurent attachés à leurs maisons et ont la ferme conviction qu’un jour leur paradis renaîtra.

Les protagonistes Les habitants de l’île de Matupit vivent à moins de deux kilomètres du volcan qui les a privés de leur gagne-pain. La pluie acide et les cendres qui tombent continuellement ont détruit leurs jardins et pollué l’eau. Le gouvernement a accordé de nouvelles terres aux insulaires, mais la plupart d’entre eux tiennent à rester à Matupit, où leurs ancêtres sont enterrés.

Les mégapodes sont des oiseaux proches du poulet qui pondent dans les cendres volcaniques et laissent leurs œufs incuber dans cette chaleur. Les oisillons, les plus développés qui soient sur terre, peuvent voler dès leur naissance. Les insulaires creusent les flancs du volcan pour chercher des œufs et, les bons jours, à une cinquantaine d’hommes, ils en déterrent plusieurs centaines, qu’ils font cuire dans les sources chaudes et vendent au marché.

Le propriétaire de l’hôtel Kaivuna tient bon. Il entretient la piscine, fait balayer le toit, forme son personnel et maintient l’hôtel en bon état de marche, sachant que les clients peuvent revenir d’un jour à l’autre.

Les survivants et les rêveurs appartiennent aux communautés chinoise, australienne et néo-zélandaise. Nés pour la plupart à Rabaul, ils nourrissent toujours l’espoir de voir revivre les jours fastes où Rabaul se targuait d’un yacht-club prospère, d’un terrain de golf et d’hôtels prestigieux, où ne manquaient ni l’alcool, ni les cigares, ni les filles. Leur réalité culturelle et économique est très différente de celle des insulaires et des autres habitants de Rabaul. Les plus riches ont l’électricité, alors que le reste de la population passe ses soirées dans le noir. Ils envoient leurs enfants dans des écoles privées. Certains ont isolé une partie de leur maison de la poussière et vivent dans le confort de l’air conditionné.

Ulla Lohmann

Ulla Lohmann

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