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Juillet 2001. Côte d’Ivoire. Joseph, de l’autre côté du mur, 4 ans, le regardait montant comme un vieillard les marches d’un perron. Des marches qui, inexorablement, pour lui l’enfant séropositif, comme pour tous, mènent à l’échafaud. Ce fut le début des non-retours d’Alvaro. Extirpé d’un coma qui lui appartient mais qui l’a décidé à chercher loin son instinct de survie, il venait de passer dans cette autre dimension, celle de la douleur, des autres d’abord, celle de la réalité aussi. Alvaro a de la chance : celle d’être photographe à Paris-Match, celle d’avoir une tribune, des moyens, pour montrer ça, partir là…
Puis il y a le 11 septembre, les souffrances, les conflits qui en découlent, ceux qui se juxtaposent, Match qui, de plus en plus, revient au « news ». Le Pakistan, l’Afghanistan, une crise économique en Argentine…Et lui qui part, impatient, toujours de montrer, parfois de fuir.

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Le travail photographique qu’il présente dans cette exposition décidée par Paris-Match est décousu, comme le rythme d’une actualité toujours tributaire du regard des autres, à commencer par celui de ceux qui décident de nous laisser partir ou non.
C’est aussi la découverte d’un monde étranger à la plupart qui ne l’est plus pour Alvaro, sans doute parce que, comme chacun d’entre nous qui continuons de tenter cette expérience sans savoir ni quand, ni comment en revenir, cela l’aide à se recoudre. Je sais qu’il va continuer d’explorer ce monde-là.

Caroline Mangez, Fort Riley, Kansas, juillet 2003.

Alvaro Canovas

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© Alvaro Canovas
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