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Souvent présenté comme le « People’s photographer », photographe du peuple, Lu Guang, 45 ans, s’est imposé au cours des deux dernières décennies comme un des témoins les plus pertinents de la société chinoise contemporaine. Des chercheurs d’or aux prostituées, en passant par les victimes du SARS, les laissés pour compte trouvent l’écho le plus juste dans les images bouleversantes de cet ancien ouvrier du textile devenu photographe par hasard. Passionné de paysages dans les années 80, il s’impose rapidement comme photographe professionnel. Un passage par la Central Arts and Design Academy de Pékin lui permet de parfaire sa technique et d’enrichir sa culture photographique. Dès lors, son intérêt se tourne vers une photo plus engagée socialement. Une photo témoignage, qu’il qualifie de « documentaire ». Document : le terme n’est pas vain lorsque l’on découvre l’extraordinaire travail réalisé par Lu Guang sur les victimes du SIDA.

En novembre 2001, Lu Guang entend parler de villages de la province de Henan dont 60% de la population est contaminée à la suite d’un trafic de sang. La révélation du scandale lui vaudra le premier prix aux World Press en 2004, dans la catégorie Contemporary Issues Stories. Des images aussi fortes que celles qu’il rapporte aujourd’hui de Ruili, capitale chinoise de la drogue située à la frontière birmane. Le photographe y réalise un film dès 1995. Sept ans plus tard, en 2002 il y retourne, boitier en main. La ville est désormais aux mains des dealers. Par deux fois encore, en 2003, il s’immerge dans les bas fonds de la ville. Adolescents au corps torturé par l’héroïne, jeunes prostituées prêtes à tout pour payer leur dose quotidienne, centres de désintoxication aux méthodes radicales : Lu Guang sait se faire oublier. Il témoigne. Sans juger.

Lu Guang

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