Pendant trois ans, Lynsey Addario a suivi le calvaire des Syriens fuyant la guerre civile, qui dure depuis maintenant cinq ans, pour le New York Times et les Nations unies. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, près de 4 millions de personnes ont fui la Syrie depuis le début de la guerre, et le nombre de déplacés internes s’élève à 7,6 millions.

Le conflit en Syrie entre les forces gouvernementales de Bachar el-Assad et les opposants au régime a entraîné un exode massif de la population, partie chercher refuge en Turquie, au Liban, en Jordanie ou en Irak.

En janvier 2011, des rumeurs circulaient déjà selon lesquelles de jeunes manifestants avaient été arrêtés, passés à tabac et torturés pour de simples graffitis antigouvernementaux. Le vent du printemps arabe soufflait sur le pays. Puis les manifestations ont pris de l’ampleur à Damas et à Alep et ont été brutalement réprimées par le gouvernement. Cela a marqué le début du soulèvement syrien et de la guerre civile sanglante qui s’ensuivit.

Au Liban, les réfugiés représentent désormais la moitié de la population et tentent de s’installer dans des villes déjà surpeuplées. Certains vivent dans des usines désaffectées, d’autres dans des grottes, dans le sous-sol de centres commerciaux, voire dans d’anciens parkings transformés en décharges. Le gouvernement libanais, qui a déjà du mal à gérer les réfugiés palestiniens, a refusé de construire des camps de tentes, comme en Jordanie ou ailleurs, et s’efforce de ne pas alimenter les tensions sectaires. En Turquie, le gouvernement a laissé entrer plus de 1 700 000 Syriens – dont 250 000 vivent dans 25 camps répartis dans le pays – et a dépensé plus de 6 millions de dollars en aide humanitaire. L’Irak, dont les ressortissants fuyaient à une époque vers la Syrie, accueille à son tour des Syriens dans le nord du pays. Les populations locales doivent prendre en charge les réfugiés tout en luttant contre les combattants de Daech qui étendent leur emprise.

En Jordanie, le camp de réfugiés de Zaatari n’a cessé de grossir, jusqu’à devenir la quatrième plus grande ville du pays par la population. Sur place, Lynsey Addario a photographié des femmes, séparées de leurs maris et tuteurs, qui abandonnent leur place traditionnelle et leurs tâches domestiques pour travailler et subvenir aux besoins de leur famille. Elle a pu observer comment la guerre et l’insécurité ont amené la pratique du mariage forcé, qui a cours en Syrie, à se répandre en Jordanie. Lynsey Addario s’est intéressée particulièrement à la souffrance physique et psychologique des réfugiés et déplacés internes syriens. Elle témoigne de leur calvaire et de leur désespoir. Ces photographies racontent leur histoire.

Lynsey Addario et Patrick Llewellyn

Le reportage a été publié dans le New York Times, National Geographic, et Time Magazine.

Lynsey Addario

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