
© Marion Mozzi |
Todd Heisler,
Todd Heisler, après avoir obtenu son diplôme en
1994 dans l'Illinois, partit travailler en 2001 pour le journal
" Rocky Mountains News " à Denver, Colorado,
en tant que photographe. Auparavant, il avait déjà
travaillé pour un certain nombre de journaux locaux dans
la banlieue de Chicago, où il grandit. Il s'était
toujours intéressé à la photographie mais
ne découvrit le photojournalisme qu'à l'université.
Ce qui lui plut dans le photojournalisme, c'est son pouvoir
de faire porter un autre regard sur le monde ; son espoir, que
cela puisse changer les choses. Tout en assurant les reportages
locaux, il essaie d'entreprendre des projets personnels qui
lui tiennent vraiment à cur. Un de ces projets
fut de suivre les Marines chargés d'annoncer aux familles
le décès de leur(s) fils en Irak.
Les familles des soldats ont accepté que soient dévoilées
leurs peines.
T.
Heisler travaillait avec le journaliste Jim Sheeler, qui avait
fait des reportages sur la guerre (côté Américain)
et découvert la lourde tâche des Marines : avertir
les familles d'un décès, les réconforter,
organiser les funérailles, monter la gardes auprès
des cercueils.
Impressionnés par ce rituel nourri d'une tradition
basée sur " N'abandonne jamais un Marine ",
T. Heisler et J. Sheeler se mirent à concentrer leur
attention sur les Marines que Major Beck avait mis en terre.
Todd Heisler rencontra pour la première fois le Major
en chemin vers l'aéroport où il allait récupérer
la dépouille d'un Marine tué à Fallujah,
et le suivit pendant 9 mois. Major Beck se passionna immédiatement
pour le projet :
" Il avait un sentiment de devoir vis à vis des
familles, et s'assurait que le reportage soit vraiment bien
fait. Nous ne voulions pas rechercher le sensationnel ; nous
voulions être vrai ".
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The Final Salute ", exposé au couvent des minimes,
retrace l'histoire du Major Beck annonçant aux familles
la mort de soldats, et celle de toutes les familles concernées,
à travers l'histoire personnelle de Katherine Cathey,
une veuve enceinte. C'est la partie la plus bouleversante
de l'histoire. Katherine attendait un coup de téléphone
de son mari, Jim Cathey, un Marine, pour lui annoncer le sexe
de leur bébé. A la place, elle entendit un coup
à la porte. Celui que redoutent toutes les familles
de soldats
Elle accepta immédiatement de participer au projet,
n'envisageant jamais de renoncer.
" Il lui suffisait de lever la main et nous serions partis.
Au contraire, elle nous autorisa à l'accompagner dans
la limousine qui l'emmenait à l'aéroport pour
récupérer le cercueil de son mari ; plus tard,
elle nous a accepté dans la chambre où elle
a veillé son mari toute la nuit. La générosité
de Katherine mit même mal à l'aise le Major Beck
".
"The
Final Salute " raconte une histoire poignante grâce
à des scènes fortes et pleines d'émotions.
Un long texte sous chaque photo révèle ce que
l'on ne peut voir et nous donne des précisions sur
l'histoire. Les photos dégagent des émotions
personnelles.
" Une bonne photo doit capturer l'âme de quelqu'un.
Elle n'a pas besoin d'être complexe. Quand quelqu'un
s'ouvre à vous, c'est un cadeau magnifique ".
Bien
sûr, Todd Heisler se sentait parfois coupable de prendre
des photos, craignant d'avoir l'air d'exploiter le malheur
des autres.
" Les familles étaient très vulnérables.
Une pensée me torturait sans cesse l'esprit
et
si j'étais en train d'aggraver leur souffrance avec
mes photos? "
Contrairement
aux photographes qui refoulent leurs émotions, Todd
Heisler a préféré rester humain et s'impliquer
émotionnellement dans son projet : " Je voulais
être sensible à leurs émotions ; leurs
sentiments étaient ma priorité ".
Journaliste plein de sensibilité, Todd Heisler a gagné
le Pulitzer Prize pour son remarquable photo-reportage.
Marion
Mozzi
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