Festival International du Photojournalisme

Du 2 au 17 septembre 2017

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12 / 09 / 2008

Interview avec Christian Poveda

Christian a commencé à s’intéresser à la photographie à partir de la guerre du Viêt-Nam. Son fort militantisme et son désir de montrer la réalité aux gens lui ont fait réaliser que les images pouvaient avoir une profonde influence sur les évènements. Il a réalisé de nombreux reportages vidéo en parcourant le monde. Depuis 1980 il s’est rendu très souvent au Salvador pour y travailler ou pour y vivre.

Interview avec Christian Poveda

Pendant la guerre civile du Salvador, des milliers de personnes ont émigré à Los Angeles pour trouver le calme. La plupart d’entre eux étaient des anciens militaires. Ils se sont retrouvés face aux membres des gangs qui contrôlaient plusieurs quartiers de la ville et qui ont commencé à les racketter. Alors ils se sont défendus et ont commencé à répondre à leurs agressions. C’est ainsi que la guerre des gangs est née. Le gouvernement a décidé par la suite d’aider ces familles à réintégrer leur pays natal. La guerre n’a fait que s’exporter au Salvador. Deux grands gangs continuent de s’affronter de nos jours, ayant oublié les réelles raisons de leurs différends et tuant chaque année des milliers de personnes.

Christian a commencé son reportage sur ces gangs en 2004 après que le magasine Paris Match lui ait commandé. Il a du rencontrer les membres et directement remonter jusqu’à leur chef pour avoir la permission de rester avec eux.
Il voulait savoir pourquoi de si jeunes gens se lançaient dans une vie si chaotique et dangereuse.
Il a découvert que 80% d’entre eux étaient orphelins ou abandonnés par leurs parents. Ils n’ont pas d’autres choix que de rester dans la rue et de chercher une famille. Les gangs sont alors là pour les recueillir.

Ce qui choque Christian le plus n’est pas tant leurs conditions de vie mais le regard que porte la société sur eux. « Les gens n’essayent pas de comprendre mais font de la répression. »
Christian déclare que cette répression n’a absolument aucun effet sur les gangs. La situation dégénère d’autant plus et plus de gangs se créent.
Christian a aussi passé un an et demi à filmer un groupe spécifique de jeunes membres dans un endroit spécifique chaque jour, dans le but de faire un documentaire sur leur vie. (La vida loca)

La photo favorite de Christian est sûrement celle où on peut voir un jeune couple en train de s’embrasser juste avant que le garçon n’aille en prison. Elle rend concrètement témoignage de la situation d’exclusion et de séparation.
Christian retournera au Salvador pour concentrer cette fois ci son travail sur la consommation de crack en Amérique latine. Il pense aussi écrire et réaliser une fiction pour le cinéma.

Jim Lefeuvre